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La vague de chaleur de ces mois de juillet - août 2018 est derrière nous. 
L'heure du bilan a sonné et le verdict est là : exceptionnellement longue et au poids (voir définition ci-dessous) lui aussi pas en reste, cette vague de chaleur restera dans les annales et peut rivaliser avec les deux vagues de chaleur "monstres" que notre pays ait connu depuis 1901, à savoir celles de 1911 et 1976.

Explications.


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Des températures caniculaires ou une vague de chaleur ?

Il est utile de rappeler certains termes que l'on emploie souvent, parfois à mauvais escient : il convient donc d'abord de rappeler ici quelques définitions.

Une vague de chaleur est définie en Belgique par la succession de minimum 5 jours de températures maximales supérieures à 25°C, dont au moins trois sont supérieures à 30°C. (Station de référence : Uccle)

Une journée de canicule est une journée durant laquelle la température est montée au dessus de 30°C, une journée d'été est une journée durant laquelle la température maximale a dépassé les 25°C.
On peut donc aussi reformuler la définition de vague de chaleur par une période comptant minimum 5 jours d'été successifs, parmi lesquels on retrouve au moins trois jours caniculaires.

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 La vague de chaleur : très longue, au poids important,  et avec par deux fois des températures maximales supérieures à 35°C à Uccle.

Si elles ne sont pas rares, chez nous, les vagues de chaleur ne se présentent pas chaque année, des périodes de près de 10 ans sans vague de chaleur ont eu lieu au début du siècle ou plus près de nous, dans les années 80. Un dossier d'étude statistique des vagues de chaleur en Belgique depuis 1901 avait été publié : vous retrouverez le lien ici.
 
Voici d'ailleurs, tiré de cet article un graphe mis à jour avec les données de la vague de chaleur que l'on vient de connaître (en rouge).
Différents paramètres sont repris :
 
  • La durée : le nombre de jours de la vague de chaleur.
  • Le poids : en degrés jours avec 20°c de température moyenne comme référence : une température moyenne de 22.3°C aura un poids de 2.3, une de 19.5°C un poids de -0.5
    On fait la somme de ces degrés jours pour toute la période répondant à la définition de vague de chaleur.
  • L’intensité : ou le poids par rapport à durée : des vagues de chaleur peuvent être longues et modérées, d’autres courtes mais intenses. Ce paramètre nous permettra d’avoir un indicateur intéressant à ce niveau.
Remarque importante : Dans la presse on a pu lire qu'il s'agissait de deux vagues de chaleurs distinctes, parce qu'il y avait une journée entre les deux où la température maximale était en dessous des 25°C requis (24.6°C). Cependant, comme nous l'avions fait dans notre dossier de comparaison des vagues de chaleur (voir lien ci-dessus), pour éviter de couper artificiellement une vague de chaleur, nous avons admis un jour sous le seuil des 25°C si, et seulement si, un jour au dessus de 30°C était encore présent par la suite, ce qui est bien le cas ici.
 
Nous y retrouvons en abscisse l'intensité de la vague de chaleur, en ordonnée le nombre de jours de la période de la vague de chaleur. La taille des sphères (une par vague de chaleur) est proportionnelle au poids de la vague de chaleur tel que défini ci-dessus.  Les couleurs des sphères sont les suivantes : jaunes, pour les années avant 1988 et oranges après cette date, date à laquelle le réchauffement climatique a commencé à se faire sentir de façon plus nette en Europe. La sphère de couleur rouge est celle de cet été 2018, afin de pouvoir plus facilement la comparer avec les autres.



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Que peut-on en déduire ?

1. La vague de chaleur est longue (26 jours, du 13 juillet au 7 août 2018), soit le record (depuis 1901) ex-æquo avec celle de 1911 et un jour de plus que celle de 1976. C'est aussi la vague de chaleur au poids le plus plus important (82.2) après celle de 1976 (90.0) mais devant celle de 1911 (77.2).

2. Pour Uccle, les journées les plus chaudes de cette vague de chaleur furent celles des 26 et 27 juillet 2018 avec 35.4°C
On a également connu 9 jours de canicule sur la période, cette valeur arrive en 3e position pour ce paramètre, juste dernière 1976 (17 jours) et 1911 (14 jours).

Les températures les plus chaudes de cette vague de chaleur en Belgique, ont été enregistrées généralement le 26 et 27 juillet, et, outre les 35.4°C enregistrés à Uccle ces deux jours, sur le territoire belge on est monté jusqu'à 38.8°C à Hechtel-Eksel le 26 juillet ce qui égale le record de Liège-Monsin du 2 juillet 2015.

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Conclusions

La vague de chaleur de cette année 2018 restera assurément dans les annales comme une des plus importantes que la Belgique ait connue depuis 1901. On peut la comparer aux deux autres vagues de chaleur majeures que la Belgique avait connu jusqu'ici, à savoir la vague de chaleur de 1911 et celle, qui reste ncore dans la mémoires des "Anciens", de 1976.

Voici le tableau comapratif : 

Année Durée j > 30°C j > 35°C Poids Intensité
1911
26 jours 14 0 77.2 2.97
1976 25 jours 17 0 90.0 3.60
2018 26 jours 9 2 82.2 3.04

Les valeurs en gras dans le tableau sont les valeurs records, toutes vagues de chaleurs confondues. Ainsi, on peut voir que la vague de chaleur de 2018 partage le record de durée avec celle de 1911, un jour au dessus de celle de 1976.
Au niveau des jours au dessus de 30°C, elle n'est qu'en troisième position derrière les deux précitées, mais elle est la seule, toute vague de chaleur confondues à avoir deux jours aux températures maximales supérieures à 35°C. 1911 et 1976 n'en compte aucun. Enfin, avec ces 4 nuits tropicales (durant lesquelles les températures minimales ne sont pas descendues en dessous des 20°C), cette vague de chaleur reste aussi particulièrement remarquable.
Le poids est lui aussi tout à fait remarquable : avec 82.2, c'est la deuxième vague de chaleur pour ce paramètre, derrière 1976 (90.0) mais devant 1911 (77.2). Quant à l'intensité, elle n'est pas exceptionnelle, compte tenu de la durée, mais rivalise ici aussi avec 1911, un peu derrière 1976.

Les trois vagues de chaleur précitées ont été en outre associées à des périodes de sécheresse. A ce niveau là aussi, le niveau de sécheresse des sols de celle de 2018 n'a absolument rien à envier avec celle de 1976. La période de sécheresse de 1976 avait commencé plus tôt, dès l'hiver 1975-1976 mais le résultat final en été était équivalent, au moins. Pour preuve, les valeurs tout à fait exceptionnelles d'humidité relative enregistrées en Belgique les 27 juillet et 7 août : 15% d'humidité enregistré le 27 juillet à Kleine Brogel, et 13% à Shaffen. A Uccle, le 7 août, on est descendu à 17%. Ces valeurs n'ont jamais été atteintes lors de la vague de chaleur de 1976 !

mb_hr_blue_ball.gifLa question que tout le monde se pose est : conséquence du réchauffement climatique ?

Oui et non. Enfin, oui mais à nuancer :

Non, parce qu'un élément pris isolément ne peut pas être pris comme une conséquence du réchauffement climatique. C'est l'augmentation de  la fréquence d’événements de ce type qui doit être pris en considération.
De plus, la situation  synoptique était propice à ce genre de phénomène de vague de chaleur. Nous étions dans une situation de blocage, propice donc au placement d'anticyclone sur nos régions ou au nord de celle-ci. Normalement les blocages stables sont plus rares en été qu'en hiver. Mais cela arrive, particulièrement lors d'un phénomène qui se reproduit tous les 21-23 ans lors de l'approche d'un minimum d'activité solaire. Le blocage de Brezowski, du nom de celui qui, l'un des premiers, l'a décrit et mis en évidence.
Lors de cette situation, des périodes de blocage de longue durée se met en place apportant sécheresse et vague de chaleur. Cela s'étend d'ailleurs généralement sur tout l'hémisphère Nord : depuis mi-mai, c'est le cas et cela explique les températures records qu'on a enregistré un peu partout dans cet hémisphère : rappelez vous les 40°C dépassés à Tokyo, les 30°C dépassés au nord de la Finlande, en bord de l'Océan Arctique ! Deux exemples parmi d'autres, on pourrait parler des températures proches des 48°C au Portugal, des feux dus à la sécheresse et la chaleur en Grèce puis en Californie...

Oui, parce que malgré la situation de blocage favorable, des records ont été pulvérisés. Les températures maximales sont de plus en plus hautes. Comme dit ci-avant, jusqu'en début juillet 2018, les jours aux températures supérieures à 35°C se comptent presque sur les doigts d'une main. Rien que pour cet épisode-ci, on en compte deux (presque trois) supplémentaires. Dans les années 1980 (qui ne comptent d'ailleurs aucune vague de chaleur à Uccle), les jours au delà des 30°C restaient rares. A présent, il y en a chaque année. Depuis 2003, on a eu 10 vagues de chaleur à Uccle, il y a donc bien une augmentation de la fréquence de vagues de chaleur, c'est indéniable...

 

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